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Séminaire de lancement du Geri USACT

Usages et acceptabilité des innovations dans les transports

26 juin 2015 à l’IFSTTAR - Marne-la-Vallée

Contact : sonia.adele@ifsttar.fr ou corinne.dionisio@ifsttar.fr

Résumés & présentations


Acceptabilité sociale des solutions et mesures qui visent la réduction des nuisances environnementales : deux exemples de recherches

C. Philipps-Bertin et P. Champelovier - AME/LTE

L’acceptabilité de technologies "durables" : La recherche sur l'acceptabilité et l'usage du véhicule électrique (ACCUS-VE) avait pour objectif d’étudier les facteurs individuels et les conditions pour que les individus substituent leur véhicule thermique par un véhicule électrique.

L’acceptabilité de mesures visant la réduction de la pollution : La question centrale de la recherche « Acceptabilité des Zones d’Actions Prioritaires pour l’air » (co-financement ADEME/MEDD) est l’acceptabilité d’une mesure restreignant la circulation de certains véhicules afin d’améliorer la qualité de l’air en zone urbaine. L’objectif est l’étude du consentement à accepter une mesure restrictive en fonction de ses caractéristiques, l’identification et la compréhension des différents facteurs psychologiques et socio-économiques jouant un rôle dans l’acceptabilité.


L'évaluation de l'acceptabilité d'un dispositif d'aide haptique au déplacement piéton par le Technology Acceptance Model

S. Coeugnet, A. Montuwy et A. Dommes - COSYS/LEPSIS

Le Technology Acceptance Model, développé par Davis (1986), postule que l’acceptation de nouvelles technologies dépend de l’influence de l’utilité perçue et de la facilité d’utilisation perçue. La perception qu’ont les utilisateurs de ces deux facteurs déterminerait leurs attitudes, puis leurs intentions et leurs comportements d’usage réel.

Dans le cadre du projet A-PIED, nous avons utilisé ce modèle pour étudier l'acceptabilité d’un bracelet haptique émettant des messages d'alerte pour la traversée de rue et de directions pour la navigation piétonne chez 40 adultes âgés et 17 adultes jeunes. Il sera montré l’utilité de coupler ces mesures subjectives à des mesures comportementales.


Intention d'utiliser une voiture automatisée: attitudes et acceptabilité a priori

J. Cestac - AME/LPC

Les premiers prototypes de véhicules autonomes sont en cours de développement et la question de leur acceptabilité par les conducteurs se pose. Nous avons mené une étude auprès de 421 conducteurs français s'appuyant sur un questionnaire en ligne. Le questionnaire a été développé sur la base de deux études pilotes incluant des entretiens semi directifs et un première version d'une échelle d'acceptabilité ad hoc. L'intention d'utiliser un véhicule autonome était liée au niveau d'acceptabilité contextuelle et à l'intérêt pour un usage en état de "facultés affaiblies", qui étaient les deux facteurs de notre échelle d'acceptabilité. Les cas d'usages préférés étaient l'autoroute, les embouteillages et l'aide au stationnement.


L'intégration des nouveaux services de mobilité aux déplacements pendulaires

S. Adelé - COSYS/GRETTIA

Dans le cadre d'un projet de déploiement pilote de services de mobilité partagée (covoiturage dynamique et autopartage entre particuliers), l'acceptabilité de ces services auprès des salariés du plateau de Saclay a été questionnée.

A partir de 30 entretiens semi-directifs menés avec des individus de profils divers (autosolistes, covoitureurs, usagers des transports en commun, motards, cyclistes), il s'agissait de voir a priori quels pouvaient être les usages et les freins à l'usage. Après un bref panorama bibliographique, les premiers résultats de ces entretiens seront présentés.


L'acceptabilité des bourses de fret par les transporteurs routiers de marchandises

P. Launay - AME/SPLOTT

Les bourses de fret sont des plateformes numériques mettant en relation les entreprises de transport de marchandises pour leur offrir la possibilité d’échanger leur fret et d’optimiser leurs capacités de transports. Elles sont nées à la fin des années 1980, suite à la déréglementation du marché du transport routier de marchandise et à l’émergence des technologies numériques. L’appropriation progressive de ces outils par les transporteurs reflète l’évolution du marché du transport routier de marchandise au cours des dernières décennies. Les organisations professionnelles s’accordent sur le fait que les bourses de fret ont permis d’augmenter l’efficacité du transport routier, tout en leur reprochant d’engendrer une baisse des prix en facilitant l’accès au fret des petites entreprises et des transporteurs étrangers. L’évolution récente du marché des bourses de fret, marqué par la croissance spectaculaire d’une plateforme créée par des groupements de transporteurs et favorisant l’échange de fret au sein de ces groupements, révèle cette ambivalence.

Cette recherche s’appuie sur une revue de la presse professionnelle et sur des entretiens semi-directifs auprès des fédérations et des groupements de transporteurs et des principales bourses de fret utilisées en France.


Acceptabilité dans l'innovation : pour une approche constructive

J.-M. Burkhardt - AME/LPC

Pour les concepteurs et les promoteurs de technologies et de services, en particulier dans le contexte de l’innovation, une question primordiale concerne l’acceptation - où la probabilité d’acceptation et de diffusion attendue pour le produit ou le service, dans une population donnée. Il existe d’ailleurs une forte demande pour des outils simples d’aide à la décision, afin par exemple de prédire l’acceptation ou de diagnostiquer l’acceptabilité d’un système, d’un produit ou d’un service, aux différentes phases des processus de conception et de diffusion. Les termes d’acceptation et d’acceptabilité traduisent ici un focus privilégié vers l’un des pôles utilisateurs ou artefact du triplet artefact/utilisateur/situation. L’acceptation, associée au pôle usager/utilisateur, désigne un processus (d’appropriation de l’artefact par l’utilisateur) ou son résultat (utilisation ou rejet). L’acceptabilité se situe plutôt vers le pôle artefact conçu ou à concevoir, et désigne alors un pronostic sur la plus ou moins bonne intégration de l’artefact dans les usages et les situations envisagées. Au-delà d’approches dominantes telle TAM (Davis, 1985/89) et ses multiples évolutions, on peut observer dans la littérature comme dans la pratique différentes classes de modèles et approches de l’acceptabilité en termes d’objectif, de périmètre, de positionnement dans le cycle de vie et d’entrées produites pour nourrir la conception, etc. Ces classes constituent autant de paradigmes pour l’évaluation a priori et a posteriori  dont la contribution à la conception peut être analysées en regard des connaissances issues de la recherche sur ces activités. Dans cette présentation, nous présentons une réflexion encore en court sur les liens entre l'utilité et le besoin dans la conception avec les utilisateurs (Burkhardt & Sperandio, 2004 ; Loup-Escande, Burkhardt & Richir, 2013), d'un côté, et les théories et mesures de l'acceptabilité/acceptation, d'un autre côté.