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Objectifs

Deux-roues motorisés

Les utilisateurs de deux-roues motorisés (DRM) sont, avec les cyclistes et piétons, les usagers les plus vulnérables au risque routier. Les données chiffrées montrent qu'ils représentent chaque année 15% des tués de la route en Europe et d'après l'OMS, près de 200 000 morts dans le monde. Un indicateur éloquent de cette vulnérabilité est le risque d’être tué au kilomètre parcouru 20 fois supérieur en deux-roues qu’en voiture. Enfin, les données de sources médicales suggèrent que l’enjeu des blessés graves est très important chez ces usagers alors qu’ils ne représentent qu’une part modeste des déplacement

Ces écarts proviennent en partie de la grande fragilité des usagers de DRM, en ce sens que, en l’absence de protection carrossée, la moindre collision les expose à des blessures souvent graves. Mais ils proviennent également d'une implication plus forte dans certaines configurations accidentelles. Ces deux caractéristiques de leur accidentalité témoignent d'une certaine inadéquation entre le DRM et le système de circulation. Ce système ayant avant tout été conçu et orienté selon une problématique d'écoulement du trafic des voitures, il demande un effort d'adaptation, notamment du point de vue des politiques publiques, envers les deux-roues motorisés dont la population va croissante, en réponse à de nouveaux besoins de mobilité.

On a souvent considéré les deux-roues motorisés comme une population marginale, mais elle tend en effet ces dernières années à se développer de manière significative, notamment en agglomération pour contourner les problèmes de congestion de trafic. A mesure de ce développement, les DRM constituent une famille de plus en plus hétérogène. Cette hétérogénéité concerne d'une part les types de véhicule qu'elle recouvre (trail, sportive, scooter, etc., et la très grande diversité des puissances de leur moteur). Mais elle va également de pair avec une diversification de leur usage, de la moto "plaisir" à la moto "utilitaire". Une telle disparité des modes, des usages, des attitudes (notamment vis-à-vis de la prise de risque) conditionne des pratiques particulières qui ne sont pas sans conséquence sur les différents problèmes d'interaction rencontrés au sein du trafic. Les différentes facettes de la problématique DRM méritent donc d'être appréhendées en profondeur selon différents angles d’approche, du point de vue de leurs déterminants et de leurs conséquences sur l'insécurité en termes d'accidentologie primaire et secondaire, c'est-à-dire du point de vue de la genèse des accidents et de la production des dommages corporels.

Le sur-risque qui caractérise les DRM est particulièrement marqué en milieu urbain, notamment du fait des nombreux mouvements (bifurcations, changements de voie) des automobiles qui entrent en interférence avec les dépassements fréquents des motocyclistes (remontées de file) liés aux engorgements du trafic urbain. Néanmoins, leur accidentalité en "rase campagne" n'est pas à négliger. En termes d'enjeu, elle est probablement sous-estimée du fait des pertes de contrôle véhicule seul qui ne se traduisent pas toujours en procédure d'accident (et ne sont donc pas comptabilisées dans les statistiques nationales). En Europe, la mortalité des deux-roues motorisés est à peu près équivalente en milieu urbain (45% des décès) et en campagne (55%). Quoiqu'il en soit, ces deux formes d'accidentalité procèdent de mécanismes spécifiques (niveaux de vitesse, recherche de performance, dynamique spécifique, etc.) qu'il est essentiel de mettre en évidence pour couvrir l'éventail de la problématique DRM. En sus du caractère pluriel de la population des conducteurs de deux-roues motorisés, leur implication dans les accidents est donc également très diversifiée. Une analyse trop généraliste de résultats issus de circonstances accidentologiques aussi variées noie toute cette disparité et peut conduire à des erreurs de compréhension des problèmes en jeu et ainsi conduire à définir des contre-mesures inopérantes. On ne peut pas parler DU problème des deux-roues motorisés, mais de la pluralité des problèmes que recouvre leur inscription dans le système de circulation. Ni les problèmes, ni les solutions à définir ne seront les mêmes selon qu'on ait affaire à un cyclomoteur, à une moto de forte cylindrée, à une perte de contrôle, à un conflit d'interaction avec un VL, etc. Cette hétérogénéité accidentelle doit donc être étudiée en tant que telle pour définir des mesures ciblées. On notera que les domaines d'intérêt du GERI ne se limitent pas aux problèmes d'accidentalité et de risque mais concernent également les questions de mobilité, d'environnement, etc.

Cet GERi se propose donc d'appréhender la pluridimensionnalité de la question des DRM dans le système de circulation. Les problèmes qu'ils représentent étant pluriels, ils demandent à être étudiés opérationnellement dans leurs différentes facettes. Ce n'est qu'à la condition d'une connaissance de cette pluralité que des solutions adaptées pourront être définies de manière cohérente.