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Mobilités et mondes professionnels en mutation

Le 20 novembre 2014, à l’IFSTTAR, Bâtiment Bienvenüe, de 9h30 à 16h30

Programme et résumés

Les territoires de la mobilité face à la globalisation

Par Bernard PECQUEUR, Université Joseph Fourier Grenoble 1, PACTE

L'intervention abordera les processus de construction territoriale en mettant en évidence leur évolution depuis la France peu mobile du XIXème siècle où le fait que les acteurs soient co-présents sur un même espace géographique constituait le principal facteur de création de territoires, en passant par les Districts Italiens et les Systèmes Productifs Locaux (SPL) du milieu du XXème siècle, fondés sur le même principe, jusqu'à l'hypermobilité qui traverse la société du XXIème siècle. L'intervention évaluera les impacts des nouvelles mobilités sur la forme de territoire qu'elles engendrent. Il s'agira de repenser la territorialité à l'aune de la globalisation avec une hypothèse de départ qui énonce que plus la globalisation s'accentue, plus le besoin de régulation par émergence de territoire, apparaît.

Quelle(s) dynamique(s) pour les lieux d’emploi ? Facteurs et enjeux d’une réorganisation spatiale

Par Laurent TERRAL, IFSTTAR, LVMT

Depuis une trentaine d’années et la crise de la production industrielle, la localisation de l’activité économique est devenue un champ d’études en recherche permanente de repères. Si de nouvelles tendances de répartition se dessinent, il n’est certainement plus aussi simple que par le passé de faire le lien avec une théorie unique de localisation. Quand on part à la recherche des facteurs explicatifs, plusieurs forces se dégagent sans qu’on puisse faire forcément le lien entre elles. L’objectif de notre communication est de discuter des éléments qui structurent le système de localisation actuel, à la fois au niveau interrégional ainsi qu’à l’échelle intramétropolitaine. Pour finir, nous poserons la question de savoir ce que les dynamiques récentes de l’emploi peuvent révéler des besoins en mobilité.

Le support de la présentation

Pour aller plus loin, M. Polèse,  R. Shearmur et L. Terral, La France avantagée, Paris et la nouvelle économie des régions, Paris : Odile Jacob, 2014, 220 pages.

Ce que représente le travail et ce que travailler signifie

Par Pascal UGHETTO, Université Paris-Est, LATTS

Les salariés connaissent depuis plus de trente ans un mouvement ininterrompu de transformation de leur travail et de ses conditions d’exercice. Loin des pronostics qui voyaient les salariés entrer dans une ère du travail intellectuel libéré de ses dimensions les plus physiques et les plus astreignantes, le travail a intégré des exigences qui, pour le cadre autant que pour l’exécutant, le rendent très sollicitant, et notamment subjectivement sollicitant. Le travail est aujourd’hui souvent critiqué pour ce qu’il est devenu et ce qu’il impose, sans pour autant qu’il cesse d’occuper un rôle structurant dans la construction des identités et des projets de vie. Beaucoup est attendu de lui, beaucoup y est investi par les individus, qui, simultanément, négocient la place qu’ils lui consentent au sein de l’ensemble de leurs investissements subjectifs.

Les professionnels mobiles : Derrière les spécificités, quelles évolutions générales dans le travail et les mobilités ?

Par Reinhard GRESSEL, IFSTTAR, SPLOTT

Depuis plus de trente ans on constate une montée accélérée du nombre de travailleurs que l'on peut qualifier de professionnels mobiles. Techniciens réparateurs de photocopieurs, par exemple ou infirmières d'hospitalisation à domicile, ces professionnels doivent pour exercer leur métier se déplacer chez un "client". Cette activité secondaire contraint parfois considérablement la réalisation de leur tâche principale. Comprendre ces contraintes de l'activité professionnelle et les stratégies mises en place par ces professionnels vis-à-vis des temps de déplacements et des difficultés de circulation est alors essentiel pour la réflexion sur les rapports entre travail et mobilités. Mais étudier les professionnels mobiles ne permet pas seulement de compléter notre connaissance des groupes professionnels contemporains. Ces analyses mettent également en lumière de façon emblématique un certain nombre d'évolutions à l'œuvre plus généralement dans le monde du travail autour des questions d'autonomie et de subordination, de la hiérarchisation des activités et de la déconstruction / recomposition des collectifs de travail.

Le support de la présentation 

Quelques textes pour aller plus loin :

Les relations travail/mobilité à l’aube du 21ème siècle

Par Anne AGUILERA, IFSTTAR, LVMT et Caroline GUILLOT, ParisTech

Aujourd’hui, les relations « travail/mobilité » semblent plus conflictuelles que jamais du fait de la saturation des infrastructures de transports dans les grandes villes, mais aussi en raison des nuisances sur l’environnement générées par des déplacements domicile-travail principalement automobiles et qui ne cessent de s’allonger.
Même si ces deux variables, travail et mobilité, sont indissociables et interdépendantes, elles sont souvent pensées par les chercheurs, les pouvoirs publics et au sein des organisations de façon séparée : certains acteurs se concentrent sur la mobilité pour tenter d’amoindrir, voire de résoudre le conflit (améliorer les infrastructures, favoriser les modes alternatifs et innover dans les systèmes de mobilité). D’autres insistent sur le second aspect, notamment en promouvant de nouveaux modes d’organisation du travail visant à une plus grande fluidité dans l’organisation du temps et des déplacements (télétravail, télécentres, bureaux temporaires, etc.).
Après avoir dressé un panorama de l’évolution des formes et lieux de travail et des mobilités associées, nous montrerons comment l’évolution de l’une à des conséquences sur l’autre : en quoi les « nouvelles » mobilités, basées notamment sur le partage, facilitent l’émergence de nouvelles formes d’organisation du travail ; et symétriquement, en quoi les « nouvelles » pratiques de travail font émerger des formes alternatives de mobilité et de lieux de travail.