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Mobilités des ménages et modes de vie

Le 26 mars 2015, à l’IFSTTAR, Bâtiment Bienvenüe, de 10h30 à 16h00

Programme et résumés

Les marchés de l'immobilier résidentiel entre crise du logement et crise de la construction

Par Jean-Claude DRIANT, Université Paris Est–Val de Marne, Lab’Urba

L'une de évolutions les plus marquantes des marchés du logement en France depuis les années 2000 est l'accroissement des différenciations dans le territoire. Cette différenciation s'est produite sous l'effet des évolutions des prix de vente et des forts différentiels spatiaux en matière de construction neuve. Il en résulte pour les ménages vivant en secteurs tendus un accroissement important des coûts de la mobilité résidentielle : coût d'acquisition ou saut de loyer, coûts induits par l'éloignement. Pour les ménages modestes, frappés par la crise, l'arbitrage se fait alors entre la périurbanisation et l'immobilité résidentielle. Cette dernière contribue à l'embolie du parc social et à la forte baisse de la demande de logements neufs qui ralentit l'activité des promoteurs privés et la construction de maisons individuelles.

Le support de la présentation

Quelques textes pour aller plus loin :

Stratégies résidentielles et mobilités domicile-travail

Par Emre KORSU, Université paris Est–Marne-La-Vallée, Laboratoire Ville Mobilité Transport (LVMT)

En mobilisant des éléments empiriques récents produits dans le cadre de plusieurs recherches conduites avec des chercheurs du LVMT, nous reviendrons sur une série d’idées concernant les relations entre les stratégies résidentielles des ménages et leurs pratiques de déplacements quotidiens, notamment vers le travail, dans les villes contemporaines. Les quatre thèses sur lesquelles nous souhaitons revenir sont les suivantes : (i) suite à l’amélioration des conditions de mobilité en ville, avec notamment l’accroissement des vitesses de déplacement, le critère de la proximité domicile-travail ne détermine plus que faiblement les choix du lieu de résidence ou du lieu de travail ; (ii) les classes moyennes-supérieures ont tendance à instrumentaliser la mobilité quotidienne pour conduire des stratégies résidentielles marquées du sceau de l’entre-soi socialement sélectif et de la mise à distance des classes populaires ; (iii) la cherté du logement dans le voisinage des lieux d’emploi contraint les ménages, notamment les ménages à bas-revenus, à situer leur domicile loin de leur lieu de travail ; (iv) la hausse des distances domicile-travail dans les dernières décennies est en partie liée à un croissant décalage entre la géographie de l’emploi et la géographie du logement en raison de la spécialisation fonctionnelle de l’espace urbain, avec des secteurs qui « s’enrichissent » en emplois d’un côté et des secteurs qui « s’enrichissent » en logement de l’autre. Sans remettre en question fondamentalement la part de vérité que détiennent ces thèses, les résultats de nos recherches contribuent à préciser leurs limites et à révéler certains faits à contre-courant des idées sous-jacentes.

Quelques textes pour aller plus loin :

La place du domicile dans le quotidien des ménages

Par Leslie BELTON-CHEVALLIER, IFSTTAR, Dynamiques économiques et sociales des transports (DEST)

Les modes de vie des ménages ont connu, depuis les trente dernières années, de nombreuses évolutions qui découlent d’un ensemble de processus sociaux qui renvoient autant à la famille, aux loisirs, au travail, aux technologies de l’information et de la communication, etc. La présentation n’aura pas pour objectif de cerner de manière exhaustive les impacts de ces évolutions mais s’attachera plutôt à saisir en quoi elles jouent sur le quotidien des ménages, sur la répartition des activités et des temps sociaux. Plus précisément, nous verrons que le logement ou le domicile reste le lieu de la famille et qu’en cela il participe de manière structurante à son quotidien.

Le support de la présentation

Choix d’itinéraires multimodaux pour le travail ou les loisirs : approches psychologiques.

Par Elise GRISON, Valérie GYSELINCK et Jean-Marie BURKHARDT, IFSTTAR, Laboratoire de Psychologie des Comportements et des mobilités (LPC)

Dans une perspective de développement durable, l’utilisation des circulations douces (marche, vélo, bus, métro, etc.) et l’adoption d’une attitude éco-citoyenne sont encouragées. Dans le même temps, l’offre de transport se multiplie, rendant le choix possible selon de multiples critères (temps, coût financier, accessibilité, confort, etc.) parmi un nombre croissant d’itinéraires uni- et multimodaux (i.e. combinaison de différents modes de transports et de déplacements). Nous étudions les facteurs psychologiques cognitifs et motivationnels impliqués dans la planification et la réalisation d’itinéraires en transport en commun. Des entretiens auprès d’usagers montrent l'influence du contexte (travail vs. loisirs), du profil de l’usager (variables démographiques) et des critères personnels (efficacité du trajet, agréabilité) sur la perception des trajets et le choix d’itinéraire. Les effets des facteurs identifiés dans ce premier travail sont étudiés expérimentalement dans la réalisation des itinéraires avec mise en situation à l’aide de scénarios et de la réalité virtuelle.

Le support de la présentation