IFSTTAR Actions incitatives: Création d'une plateforme dynamique de simulation vélo pour l’analyse du comportement des cyclistes
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Création d'une plateforme dynamique de simulation vélo pour l’analyse du comportement des cyclistes

Responsable

Fabrice VIENNE Ifsttar/COSYS/LEPSIS

Etat de l'art

Le taux de cyclistes a augmenté lentement au cours de la dernière décennie dans la plupart des pays développés. Cette nouvelle répartition des usagers de la route entraîne des modifications de trafic, des aménagements routiers et des règles de circulation, qui nécessitent que les usagers de la route adaptent leurs comportements pour éviter les accidents. En effet, bien qu'il y ait moins d’accidents en vélo qu’en voiture, les taux d'exposition aux accidents sont plus élevés pour les cyclistes que les automobilistes. De fait, la présence des cyclistes sur la route est perçue comme dangereuse par les automobilistes, et beaucoup d’automobilistes refusent d'utiliser le vélo à cause des risques qu'ils pensent courir en roulant au milieu des voitures. Pour ces raisons, l'étude du risque perçu chez les cyclistes est de plus en plus importante.
Le risque perçu a été peu étudié chez les cyclistes. Il varie en fonction d'un certain nombre de facteurs (expérience, sécurité de l’aménagement, attentes correctes ou non sur le comportement d’autrui, transgressions, attention...) et ne correspond pas nécessairement au risque réel encouru. Or tout écart entre risque perçu et risque objectif peut jouer un rôle dans la survenue d’un accident (risque sous-estimé) ou dans le niveau de stress ressenti ou le choix d’un moyen de transport (risque surestimé). La comparaison du risque perçu par les cyclistes et les conducteurs lors de l'interaction avec un cycliste ou un automobiliste, pourrait aider à déterminer des moyens de rendre ces perceptions plus exactes et éviter ainsi des accidents.

Enjeux et objectifs

La plupart des travaux dans la littérature sur l’analyse de l’activité de conduite des cyclistes sont issus de données officielles ou de questionnaires. Or pour les recherches sur l’activité de conduite des cyclistes et les conflits potentiels avec les autres usagers de la route, il est nécessaire de pouvoir étudier le comportement effectif des cyclistes à vélo dans des conditions les plus réalistes possibles. Les recherches en milieu réel ne sont pas toujours appropriées du fait de leur coût, des biais liés aux variables non contrôlées, et des risques encourus par les participants cyclistes. La simulation présente alors un intérêt indéniable. En effet, un simulateur vélo permet de mettre les cyclistes en situation de conduite réaliste et de mesurer leurs comportements effectifs de façon fine, tout en contrôlant les variables en jeu et en évitant les risques associés à un environnement réel.

Le simulateur vélo nous permettra d’exposer des participants cyclistes à des situations dont le risque manifeste est plus ou moins grand et donc de combler de nombreuses lacunes sur l’étude du comportement des cyclistes. Plus spécifiquement, nous analyserons d’abord quels éléments de l’environnement sont pris en compte par les cyclistes pour s’adapter à l’environnement routier (interdistances, vitesse, frein, etc.) et comment les cyclistes régulent leur conduite selon les usagers de la route avec lesquels ils interagissent (piétons, cyclistes, deux roues à moteur, voitures, poids lourds, etc.). Nous identifierons ensuite quelles situations de conduite sont perçues comme les plus risquées, comment les cyclistes anticipent ces risques et quelles stratégies (équipements, comportements ou motivations) ils mettent en oeuvre pour y faire face. Nous dresserons enfin une typologie des infractions et des erreurs de conduite des cyclistes, et étudierons pourquoi et dans quelles conditions les cyclistes adoptent un comportement inadapté à la situation dans laquelle ils se trouvent, voire transgressent une règle de circulation.

Avancées scientifiques attendues

Cela nous permettra d’évaluer le rôle du risque perçu dans l’adoption de comportements inappropriés par les cyclistes. Ces résultats pourront être utilisés dans le cadre d’actions de prévention des risques (comportements et situations à risque, stratégies d’évitement de l’accident et protections) à destination des cyclistes et des autres catégories d’usagers.

Participants

  • LPC : Nadine Chaurand
  • LEPSIS : Fabrice Vienne, Stéphane Caro, Thong Dang